*Lumos

Hello Potterhead !

Aujourd’hui, voici l’article du mois écrit par un des lecteurs. Et aujourd’hui, ça sera une lectrice :)

Je m’appelle Ophélie, j’ai 26 ans et je suis passionnée par l’univers de Harry Potter depuis que j’ai 10 ans. Dans le cadre des mes études littéraires à la fac, j’ai fait un mémoire sur les rapports entre Harry Potter et la Seconde Guerre Mondiale. Je sais que c’est un sujet qui peut intéresser un certains nombre de fans. Voici donc un synthèse de ce que mes nombreuses lectures de la saga et de livres lui étant consacrés m’ont permis de découvrir.

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La saga Harry Potter aborde de nombreux thèmes inhérents à la littérature en générale et la littérature adolescente en particulier. La lutte entre le bien et le mal, l’amitié, l’apprentissage etc. Mais, au-delà de ces thèmes assez simples s’en cachent d’autres, plus subtils et le plus souvent invisibles aux yeux du lecteur trop jeune. Même le lecteur plus âgé peut ne pas remarquer ce sous-texte, cette histoire sous l’histoire, cette écho que la fiction donne à la réalité.

En effet, J.K. Rowling a fait le choix, à travers son histoire, de retracer par métaphores les heures les plus sombres du XXème siècle. La montée du nazisme et ses conséquences et, de manière plus générale, la montée de chaque dictature que le monde a connu. Cet article va cependant plus se focaliser sur les références à la Seconde Guerre Mondiale sous un certain nombre d’aspects.

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Première partie: des noms comme repères 

Nous retrouvons tout d’abord dans la saga des figures emblématiques qui font écho a de grandes figures ayant réellement existé lors du IIIème Reich, que ce soit du côté des nazis, des opprimés ou des Résistants.

Tout d’abord, et cela semble sonner comme une évidence, Voldemort est l’image d’Hitler, dictateur fou et sanguinaire obsédé par l’ascension d’une race pure (les aryens pour Hitler, les sorciers au sang-pur pour Voldemort). Mais la comparaison ne s’arrête pas là, tous deux ont dans leurs gènes ce sang qu’ils détestent tant. Hitler avait en effet des origines juives via sa mère tandis que le père de Voldemort était un né-moldu, ce qui faisait de lui un sang-mêlé.

Autour de Voldemort gravitent ses mangemorts, des partisans avides de partager une miette de son pouvoir en se faisant bien voir de leur maître. Ils sont les images-miroirs des grands dirigeants nazis qui entouraient Hitler, Himmler, Geobels, Georing et bien d’autres. Leur dévouement, dans la réalité ou dans la fiction, est sans limite et ils sont prêts à toutes les horreurs pour asseoir la dictature de leur maître.

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Information confirmée par JK Rowling, Cornelius Fudge, ministre de la magie durant les six premiers tomes, est l’avatar de Neville Chamberlain, Premier Ministre britannique durant les années trente, qui a refusé de considérer Hitler comme un danger pendant qu’il installait son pouvoir en Allemagne. De la même manière, Fudge a refusé de croire au retour de Voldemort pendant une année entière, faisant passer ceux qui disaient le contraire pour des affabulateurs et asservissant la presse afin qu’elle dise la même chose que lui.

Proche de Fudge, une autre des figures emblématique de ce que l’on pourrait qualifier de Collaboration est Dolorès Ombrage. Elle est assimilable à Goebels, le ministre de la propagande d’Hitler. Ombrage joue en effet sur la peur des gens, le contrôle de la presse et asseoit son pouvoir à Poudlard avec des décrets d’éducation extrêmement restrictifs qui ne sont pas sans rappeler les décrets du gouvernement nazis de 1935 qui comprenaient notamment une loi sur la protection et l’honneur du sang allemand.

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Dumbledore est sans aucun doute une figure de la Résistance mais il n’a pas de réel alter-ego, contrairement à Kingsley Shacklebolt qui est le pendant fictif de Charles de Gaulle, leader de la Résistance avant de devenir chef d’un gouvernement provisoire puis d’être définitivement élu (Kingsley comme ministre de la magie et de Gaulle comme Président de la République).

Pour finir sur les personnages, les différences entre Sirius et Regulus Black trouvent leur écho dans la différence entre les frères Georing, Herman et Albert. Herman Goering est connu pour avoir été l’un des plus fidèles partisans d’Hitler, du début à la fin, tandis que son frère s’est toujours opposé aux idées et pratiques du régime nazi, étant même plus tard reconnu comme Juste pour avoir protégé des juifs durant la guerre. On retrouve le même type de dualité entre Regulus, enrôlé comme Mangemort à peine entré dans l’âge adulte et qui considérait Voldemort comme un héros, et Sirius, qui a toujours repoussé toute idée de sang-pur, n’hésitant pas à se mettre toute sa famille à dos à cause de cela.

 

Deuxième partie: le racisme et la ségrégation 

J.K. Rowling met en lumière, tout au long de la saga, un certain nombre de problèmes raciaux, principalement représentés par les théories du sang-pur professées par certains sorciers. Il existe là encore un parallèle flagrant avec l’idéologie nazie. Cette dernière est en effet bâtie sur l’idée qu’il existe une race supérieure, la race aryenne, et que les autres sont bonnes à être asservies voire éradiquées. Voldemort procède de la même manière, valorisant le sang-pur de certaines familles de sorciers et vouant une haine farouche aux autres.

Les juifs, qui cristallisaient toute la haine du IIIème Reich, sont repris sous les traits des Moldus et sorciers nés-moldus, ces derniers étant traités de “sang-de-bourbe” par les partisans de la théorie du sang pur. Et, de même que l’antisémitisme n’est pas née avec le nazisme, la théorie du sang pur n’est pas née avec l’arrivée au pouvoir de Voldemort. C’est une haine qui s’est construite durant des décennies avant d’exploser sous les traits d’un dictateur. Hermione, sorcière née-moldue, est victime de ce racisme dès sa deuxième année à Poudlard par ses camarades, preuve que certaines familles de sorciers biberonnent leurs enfants à coup de théorie du sang-pur.

Les sorciers de sang mêlé eux, ne sont pas réellement la cible de la violence des Mangemorts mais, n’ayant pas de sang pur, ils sont relégués à des postes de second ordre.

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Cependant, être un “sorcier de souche” ne signifie pas adhérer à toutes ces théories. Les Weasley en sont l’exemple parfait. C’est une famille de sang-pur qui aime et défend les moldus et les nés-moldus. Pour des mangemorts tels que Lucius Malefoy, cela les rend autant traitres que s’ils étaient des moldus. Les Weasley sont à l’image de toutes ces familles allemandes qui ont du vivre sous le régime nazi sans jamais adhérer à son idéologie.

 

D’autres espèces sont également victimes de ce racisme inhérent à certaines familles de sorciers. Dolorès Ombrage est l’incarnation parfaite de cela. Elle méprise non seulement les moldus et soricers nés-moldus mais également les créatures magiques qu’elle considère comme des êtres d’une intelligence inférieure à peine dignes d’être des animaux. Parmi ses cibles privilégiées, nous pouvons citer les centaures, les géants, les loup-garous et tout type de créature hybride. Elle a porposé de marquer certaines d’entre elles afin de les empêcher de trouver du travail.Cela rappelle l’étoile jaune que les Juifs étaient obligés de porter et les lois qui, au fil des années trente, ont réduit leurs droits et leurs libertés.

On peut dépasser le cadre de l’idéologie et de la Seconde Guerre Mondiale en parlant des elfes de maison, symbolisant l’esclavage, ou des mangemorts cagoulés lors de la Coupe du Monde de Quidditch, rappelant les agissements du Ku Klux Klan en Europe.1

Troisième partie: L’organisation du régime

Tout comme Hitler, lorsque Voldemort arrive au pouvoir, il met en place un contrôle drastique de la presse et s’assure que l’ensemble du gouvernement le soutienne. Hitler est arrivé au pouvoir de manière démocratique, ce qui renforce l’horreur de ce qui a suivi. Il a rapidement renvoyé la quasi-totalité des fonctionnaires et universitaires juifs, de même que Voldemort ne s’entoure que de sorciers sans ascendance moldue, que ce soit au ministère de la magie ou à Poudlard.

Dans la réalité ou dans la fiction, l’arrivée au pouvoir du dictateur se fait presque en douceur. Le peuple est asservi avant d’en avoir conscience car on a joué sur leurs peurs profondes en les transformant en haine afin d’asseoir un régime autoritaire.

La deuxième étape est la censure de la presse. Le gouvernement dictatorial contrôle tout ce qui est publié dans les journaux, ce qui donne parfois naissance à des journaux clandestins. Dans Harry Potter, le journal Le Chicaneur, jusque là libre devient rapidement à la solde de Voldemort suite à un chantage effectué sur son directeur. C’est ainsi que, rapidement, tous les journaux sorciers de Grande-Bretagne font passer Harry pour l’assassin de Dumbledore afin qu’il soit plus facilement retrouvé. Il est déchu de son statut de héros afin que le peuple soit tenté de le livrer aux autorités. Désinformation et manipulation, les deux piliers de la presse sous n’importe quel régime dictatorial. Harry est d’ailleurs appelée l’Indésirable n°1, terme utilisé par le régime nazi pour désigner tous ceux qu’Hitler cherchait à éliminer, juifs, homosexuels, tsiganes, etc.

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Peu après l’arrivée au pouvoir de Voldemort, Dolorès Ombrage est nommée Directrice d’une Comission d’Enregistrement des Nés-Moldus, chargés de rescenser tous les nés-moldus du pays afin de les priver de leur baguette magique qu’ils sont alors accusés d’avoir volés. Ils sont tous répertoriés dans un registre et chaque né-moldu a ordre de se présenter devant cette commision. La même chose se passait pour les juifs en Allemagne dans les années trente, avant de s’étendre au reste de l’Europe. Ils étaient tous enregistrés et munis d’une carte d’identité spéciale les empêcher de circuler librement ou de trouver du travail.

Après la défaite de Voldemort, Ombrage a été accusé de crime contre les nés-moldus. Cette appélation renvoie aux “crimes contre l’humanité” dont ont été accusés les nazis. Cette expression a été utilisée pour la première fois lors des procès de Nuremberg.

 

Suite au retour de Voldemort, délations et rafles sont fréquents dans le monde sorcier, ces deux termes n’étant pas utilisés anodinement par J.K Rowling.

 

Voldemort ne se conente pas d’asservir le gouvernement et la presse, il étend son emprise sur Poudlard, transformant l’école en un avatar de jeunesses hitlériennes où seuls les sorciers au sang pur sont admis. Dans la réalité et dans la fiction, on retrouve ainsi la formation physique (sport pour les jeunes Allemands, entraînement à la résistance aux sortilèges pour les jeunes sorciers) ; la formation politique et l’art militaire (inculcation du fait qu’une race est supérieure et que les autres doivent être éradiquées) ; la formation au concept de l’espace vital à l’est que l’Allemagne revendiquait comme un droit imprescriptible (ou bien, pour les sorciers, le fait qu’ils doivent s’arroger le territoire moldu et soumettre ces derniers à leur domination).

Comme dans le tome 5 avec l’Armée de Dumbledore, certains élèves oranisent cependant une résistance clandestine, basée sur l’espoir que représente Harry, l’Elu destiné à éliminer Voldemort.


 

La suite de l’article arrivera très vite :)

& étant donné qu’il est très long, j’ai préféré le faire en deux parties !

 

A très vite jeunes sorciers,

Que la Magie de Potter soit en vous.

Nox*

2 thoughts on “Harry Potter et la Seconde Guerre Mondiale – Partie I.”

  1. Cet article m’a beaucoup plu! Ayant moi-même fait le rapprochement sur certains points entre les évènements d’Harry Potter et la Seconde Guerre mondiale mais n’ayant jamais vraiment étudié le sujet, j’ai trouvé très intéressant de pouvoir m’y pencher un peu plus grâce à cet article.
    La partie sur les personnages m’a particulièrement intéressée car j’avoue ne jamais avoir tenté de faire de rapprochements autre que celui Voldemort/Hitler. Kinglsey/De Gaulle est pourtant assez flagrant quand on y pense un peu!
    En tous cas, j’ai hâte de lire la seconde partie de l’article!

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